M.A.S.H #4: Passez les Start-Ups au Détecteur de Mensonges (2/3)

Episode 1 / Episode 2 / Episode 3 (soon)

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En débutant cette série de posts, je ne m'attendais pas à autant de réactions de votre part. Depuis mon dernier post et ma vidéo-avé-l'accent-frenchie déjà culte, j'ai reçu plusieurs sollicitations de journalistes me demandant mon point de vue sur la création de start-ups en France et aux US. Je pensais qu'il me faudrait un peu plus de temps pour activer la communauté mais visiblement le sujet est porteur et mon style un peu trop ironique parfois je le concède, a au moins le mérite de créer du débat. Cela tombe bien, c'est fait pour çà un blog ! 

Mais assez de bavardage, il est temps de passer aux choses sérieuses. Voilà donc 3 nouvelles affirmations d'entrepreneurs passées au détecteur de mensonges. Enjoy ;-) 

On est absolument les seuls à faire çà...

Personnellement, je ne suis pas sûr qu'être le premier à faire quelque chose soit un véritable avantage... D'ailleurs l'histoire des start-ups l'a souvent montré, l'adage américain First Mover, First Winner est rarement vrai. Dailymotion était là avant Youtube (enfin je crois...), Friendster et Myspace avant Facebook et pardonnez mon déjà trop vieil âge, je me rapelle d'un temps où l'on vénérait Lycos alors que Google n'était même pas une idée dans la tête de Larry Page...

Le fait que vous soyez les seuls à faire quelque chose ne constitue en rien un avantage compétitif... Peut-être êtes-vous seuls parce que le marché n'existe pas encore ? Ou peut-être que le problème que vous tentez de résoudre n'en est en fait pas un et que vous êtes les seuls à ne pas vous en être encore aperçu ? Être premier n'est pas la question. Bien entendu il ne s'agit pas d'arriver après la bataille, mais tout est avant tout question de timing et d'exécution. Est-ce que le problème est correctement adressé par les acteurs déjà en place ? Est-ce que votre solution tient la route technologiquement ? Est-ce que l'expérience que vous proposez à vos utilisateurs est meilleure que celle de vos concurrents ? Autant de questions clés qu'il est plus intéressant de se poser que de savoir si vous êtes ou non le premier.

Quand on a eu l'idée de Kwarter, tout le monde nous a dit que les télévisions ne feraient de nous qu'une bouchée et qu'ils avaient tous le Second Screen comme priorité. Cela ne nous empêche pourtant pas de continuer, au contraire ! Nous sommes persuadés que nous pouvons inventer une expérience utilisateur bien meilleure qu'eux et que le sujet est tellement neuf et innovant que notre agilité est une force à laquelle ces même géants de la télévision ne peuvent prétendre. 

Des dizaines de VCs nous ont promis de participer à notre tour...

Oui mais quand ? Je ne connais pas un seul VC qui n'investit pas dans une start-up s'il pense qu'il y a là une réelle opportunité pour son fond. Les promesses d'investissement n'existent pas, les VCs soit çà investit soit çà investit pas et leur parade nuptiale n'excède généralement pas quelques semaines...

Que les choses soient claires, quand vous entendez un VC vous dire "Votre projet est vraiment très intéressant mais notre calendrier d'investissement ne nous permet pas de vous faire une offre actuellement... Recontactons nous dans 6 mois" cela veut dire VOUS ÊTES GENTIL, JE NE SUIS PAS INTERESSE... MERCI DE ME LAISSER TRANQUILLE.

Lever de l'argent c'est comme draguer une fille (je sens encore que je vais me faire des copains...), si elle vous dit qu'elle a besoin de temps pour réfléchir, au mieux vous finirez bon copain, au pire vous n'entendrez plus jamais parler d'elle. Ne tombez pas plus dans le panneau du "Je ne peux malheureusement pas investir en ce moment mais je vais recommander votre projet à d'autres VCs qui seront eux très intéressés..." Vous connaissez beaucoup de gens qui filent des clients à leurs concurrents ? 

Bref, si les VCs avec lesquels vous parlez ne sont pas prêts à investir dans votre projet dès maintenant, ne perdez pas de temps avec eux, passez au suivant!

On lèvera de 5 à $10M dès le début... 

Tu lèveras ce que tu pourras, un point c'est tout ! Inutile de faire des plans sur la comète, quand vous créez votre start-up, en tout cas la première, c'est rarement vous qui décidez de combien vous levez... C'est généralement les VCs qui vous disent combien d'argent ils sont prêts à investir et surtout combien de capital ils sont décidés à prendre. D'ailleurs c'est assez amusant car peu importe combien ils investissent, ils prennent généralement toujours la même part de capital (entre 25 et 35%).

Enfin, je ne pense pas qu'il soit à pertinent de lever beaucoup d'argent lors d'un premier tour. Dîtes vous bien que quand un VC investit 5 à $10M dans votre entreprise c'est qu'il est persuadé que votre produit est abouti et que votre modèle économique n'attend plus qu'à être exécuté pour ne pas dire industrialisé. En êtes-vous aussi persuadé ? Je pense que lorsque l'on crée une start-up, il y a après la phase d'ideation une phase importante de validation et d'adaptation du modèle qui se prête mal au modèle des VCs cherchant plus à exécuter un modèle plutôt qu'à le découvrir. 

Chez Kwarter, nous n'avons réuni que $1M et nous n'avons fait appel à aucun VC. Nous n'avons sollicité que des Business Angels et quelques investisseurs privés proches de notre réseau personnel. Nous avons privilégié le modèle des obligations convertibles plutôt que la cession de capital. Pourquoi ? Parce qu'avant de se créer les contraintes d'un investissement en capital lourd, nous tenions avant tout à valider notre vision avec nos utilisateurs et à être libres de changer le positionnement, le produit, la technologie, le modèle économique sans rentrer dans des débats de board sans fin.

Chaque investisseur a sa place dans le cycle d'investissement des start-ups. L'argent des Business Angels sert avant tout à valider un concept, mettre au point une première version produit et à explorer plusieurs hypothèse de modèle économique. L'argent des VCs sert lui à structurer les équipes d'une start-up, à exécuter LE modèle économique trouvé et à étendre son business à de nouveaux marchés.

Vérifiez où vous en êtes, choisissez le bon partenaire et levez le strict minimum !

Voilà c'est fini pour aujourd'hui, encore un dernier post à venir avec 3 prochaines affirmations qui méritent décryptage, à savoir :

- C'est certain, Google va nous racheter dans 3 ans... 

- On est partout dans la presse, tout le monde parle de nous... 

- On a les meilleurs développeurs du monde...

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M.A.S.H #2: Passez les Start-Ups au Détecteur de Mensonges (1/3)

Episode 1 / Episode 2 / Episode 3 (soon)

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Lorsque vous parlez avec un créateur de start-up vous avez souvent le sentiment d'avoir à faire à quelqu'un d'excessivement sûr de soi, de sa vision, connaissant exactement le chemin à emprunter pour réussir et ne laissant aucune place au doute et à l'improvisation. Pour tous, il est évident qu'un entrepreneur doit maîtriser par avance son produit, son marché, son mode de distribution, sa compétition, son modèle de revenu, etc. 

Même si tous ces points sont bien évidemment vitaux, je ne connais pas beaucoup d'entrepreneurs qui ont mis en oeuvre un plan conforme à leur idée initiale.

Il est temps de dire la vérité. Lorsque l’on crée une start-up, la seule chose que l'on sait c'est qu'on ne sait pas et pour avancer, on doit avant tout décider de savoir. 

Après avoir créé 3 start-ups, j'ai compris que la stratégie la plus efficace pour réussir n'est pas celle qui consiste à prétendre tout savoir et à tout anticiper mais plutôt celle qui laisse une place raisonnable à l'improvisation et au doute. Ne vous y trompez pas, même les entrepreneurs paraissant les plus sûrs d'eux sont loin de tout savoir... S'ils prétendent le contraire vous avez soit à faire à un débutant soit à un menteur. 

 

J'ai listé ici 9 affirmations de startupers que vous avez certainement entendues et tenté de les décoder. Voilà là les 3 premières, la suite au prochain épisode.

 

Séance de décryptage 1/3 


Nous avons un solide Business Plan et nous serons profitables d'ici 27 mois, 12 jours et 9 heures... 

J'ai déjà expliqué dans un de mes précédents posts (Les vrais entrepreneurs ne font pas de Business Plan) pourquoi je ne croyais pas au Sacro-Saint-Business-Plan. Quand vous créez une start-up, vous n'inventez pas simplement un produit, vous inventez un nouveau business et souvent le marché qui va avec. Si vous êtes capable de faire un business plan à 5 ans alors vous n'êtes pas en train de créer une start-up, vous créez juste une nouvelle entreprise. Cela n'a rien de honteux, entendons-nous bien, mais la démarche elle n'a rien à voir. Là où le créateur d'entreprise doit exécuter un business, le créateur de start-up doit l'inventer. 

 

Au moment de créer Kwarter, notre idée a changé au moins dix fois avant que nous commencions à l'exécuter. Avec Sam et quelques autres nous avons passé plus de 3 mois à designer notre produit (dans Photoshop...) et à le présenter à différents potentiels utilisateurs. Aujourd'hui, deux mois après la sortie, nous avons déjà répondu à beaucoup de questions auquelles il nous aurait été impossible de répondre sans nos utilisateurs. Malgré cela, il nous reste encore des dizaines de questions sans réponse. Plutôt que de passer notre temps à tenter d'envisager l'imprévisible, nous préférons le consacrer à continuer à mettre notre produit et à discuter avec nos actuels utilisateurs. 

 

Plutôt que d'inventer l’avenir avec un Business Plan, mettez plutôt sur pied un bon SWOT et un MVP (Minimum Viable Product) qui vous permettra d'engager rapidement la conversation avec vos users. Ce n'est qu'une fois le produit au point et l'usage avéré que vous pourrez raisonnablement bâtir votre Business Plan. 

 

Créer une start-up est un métier en or...  

Ce n'est pas faux, créer des start-ups procure énormément de satisfaction mais j'ai l'habitude de dire que c'est comme faire des enfants... Il n'y a rien de plus merveilleux que d'avoir des enfants. J'ai personnellement deux adorables filles que j'aime plus que tout au monde mais ceux qui comme moi ont des enfants savent aussi que les élever n'est pas seulement une partie de plaisir... 

 

Dans une start-up c'est exactement la même chose. Ceux qui prétendent que créer une start-up n'est que du bonheur mentent. Ils sont comme ces mères sous LSD s'extasiant à chaque nouvelles facéties de leurs bambins.

 

Penser qu'un créateur de start-up passe son temps à imaginer le futur et à bavarder avec des génies n'est que pur fantasme. Quand vous créez une start-up, 90% de votre travail quotidien pourrait être fait par un stagiaire. Chez Kwarter, mon rôle de "Super-Créateur-Visionnaire" m'occupe au maximum 1 jour par semaine, le reste du temps je le passe à organiser les tâches de l'équipe, à recruter, à gérer de la paperasse, à régler des factures, à convaincre des rabat-joie, à négocier avec les fournisseurs, à répéter sans cesse la même chose, à analyser des données, à regarder des matchs à la télévision, des centaines... Tout cela plus de 70h par semaine pour un salaire mensuel ridicule.  

 

Oui mais voilà, cela fait partie du job. Faire tout cela garantit que vous ayez une compréhension parfaite de votre projet.

 

Pas besoin de marketing, notre produit attire seul ses utilisateurs...  

Peu importe que votre produit soit top, vous n’êtes toujours qu’une goutte d'eau dans l'océan au moment de le lancer... Rien que sur l'app store on estime à 700 le nombre de nouvelles apps lancées chaque jour ! Sur Internet, c'est 150,000 nouvelles URLs qui sont créés quotidiennement... Dans ce contexte, faire connaître son produit est tout simplement un effort indispensable. 

 

Bien entendu, la manière même de faire du marketing a changé. Il ne s'agit plus seulement de mettre au point un message et quelques campagnes promotionnelles, mais penser que votre produit générera par lui-même ses utilisateurs est dangereux. C'est vous seul qui attirerez les premiers utilisateurs.

 

Le job du créateur de start-up est de rencontrer des milliers de personnes auquel il  répète des milliers de fois la même chose, d’inviter des centaines d'utilisateurs à devenir des BETA testers, de convaincre des dizaines de partenaires de distribuer son application, d'annoncer ses derniers progrès sur Facebook, Twitter, dans une newsletter ou un blog, d’offrir à ses early-adopters des incentives qui feront parler de son produit... et quand il fait tout cela, qu’il le veuille ou non, il fait du marketing.

 

Bientôt 6 nouvelles affirmations d'entrepreneurs décryptées, n’hésitez pas à compléter ma liste dans les commentaires :


- On est absolument les seuls à faire çà...  

- Des dizaines de VCs nous ont promis de participer à notre tour... 

- On lèvera dès le début de 5 à $10M... 

- C'est certain, Google va nous racheter dans 3 ans... 

- On est partout dans la presse, tout le monde parle de nous... 

- On a les meilleurs développeurs du monde...

 

 

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M.A.S.H #1: Choisir Son Centre de Gravité

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Je rencontre de plus en plus de français qui envisagent d’importer leurs start-ups dans la Valley. L’idée peut paraître séduisante voir même évidente. J'ai eu d'ailleurs la même avec blueKiwi en 2010. Comme beaucoup je me suis dit que la Valley était sans doute le meilleur endroit pour prolonger l’aventure que j’avais entamée en France et comme beaucoup je me suis trompé…

Cette première aventure américaine m’a permis de comprendre l’importance qu’avait le Centre Gravité d’une start-up…

J'appelle Centre de Gravité ce sur quoi repose une start-up, fondamentalement ses fondateurs, son équipe, ses clients, ses investisseurs, ses partenaires… Ce point de force est un élément déterminant et j’ai pu constater que dès qu’une start-up s’en éloignait ou dès qu’elle essayait de le diviser, elle se mettait alors à courir un risque important.

Je ne crois pas au modèle qui partage les start-ups en deux, la tête dans la Valley et les mains en Europe… Ce partage des genres crée bien souvent un schisme dangereux. Il y a pourtant actuellement une mode qui consiste à penser qu’une start-up européenne a intérêt à expatrier son CEO dans la Valley tout en gardant ses équipes de R&D en France. L’idée peut paraître de prime abord intéressante, surtout quand on sait combien il est complexe et onéreux de créer et maintenir une équipe de R&D dans la Valley. Oui mais voilà, la tâche est loin d’être aisée et la plupart du temps vouée à l’échec. Tout d’abord, il est très difficile de partager une vision avec 9,000 km de séparation. La distance crée bien souvent une frustration au sein de l’équipe de développement restée en Europe qui a vite le sentiment de n’être considérée que comme une unité de production incapable d’imaginer par elle-même ce qu’elle doit développer. Je ne crois pas que les ingénieurs français soient prêts à être considérés comme des développeurs off-shore, même Premium…

Si votre projet est d’installer votre société dans la Silicon Valley, mon conseil est d’en faire dès le départ votre Centre de Gravité. Et cela d’autant plus que la Silicon Valley est un puissant générateur de Gravité. Sa force ne réside pas dans sa capacité à attirer des projets externes mais plutôt dans sa capacité à en créer de nouveaux à partir de l'énergie de son ensemble. Son éco-système unique est composé des meilleures universités, start-ups, business angels, VCs et leaders du Web... Cet ensemble fonctionne à la perfection et développe une énergie incomparable.

Ici, le parcours typique d’un entrepreneur (local) consiste à aller à l'université (locale) pour créer sa start-up (localement), la financer avec des Business Angels puis des VCs (locaux) pour finalement la vendre à un géant du Web (local).

Je ne dis pas que ce scénario s’exécute systématiquement mais en tout cas il a lieu assez souvent pour qu’il ne soit pas une simple légende (locale).

 

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My American Start-Up History (Préambule)

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Depuis que je suis arrivé à San Francisco, il ne se passe pas une semaine sans que des entrepreneurs français demandent à me rencontrer pour échanger sur mon expérience US. Jusqu'à présent je n'ai jamais refusé une seule de ces demandes même si à chaque fois elles m'occupent 1h minimum. J'avoue que quelques fois j'ai envie de me trouver une bonne excuse mais à chaque fois je rencontre des gens passionnés et passionnants et leur énergie et vision me motivent et m'inspirent. 

Après avoir rencontré des dizaines d'entrepreneurs ces derniers mois, je me suis dit que ce serait sans doute bien de partager à plus grande échelle ma modeste expérience US plutôt que de la réserver à seulement quelques-uns. 

J'entame donc ici une série de blog réflexions que je me propose d'appeler M.A.S.H pour My American Start-up History (je suis assez fier de mon acronyme...) et puis parce que le résultat peut ressembler à une "purée" qu'il vous appartiendra de digérer ou pas ;-)

J'ai hâte de commencer et j'attends avec impatience vos prochains commentaires...

 

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Je vous présente Kwarter, ma nouvelle start-up!

Il y a déjà quelques mois j'annonçais sur mon blog que je quittais mes fonctions de CEO chez blueKiwi. Vous avez été nombreux à me témoigner votre soutien et à me féliciter pour le travail accompli. Cela m'a énormément touché et je vous remercie tous pour vos messages! Aujourd'hui et après 6 mois, je suis convaincu d’avoir pris la bonne décision. blueKiwi continue son développement et les derniers résultats sont très encourageants. Je reste toujours impliqué mais à partir de vendredi je ne serai plus qu’actionnaire et Board Member.

En effet, sur un plan personnel, ces 6 derniers mois ont été l'occasion de réfléchir et de rencontrer beaucoup de monde... J'ai reçu des propositions très intéressantes, d'aucun diront que certaines d'entre-elles ne se refusent pas. C'est vrai. Elles m'auraient sans doute permis de continuer à conduire ma belle voiture, de ne pas me soucier des factures quotidiennes, j'aurai aussi pu partir en congés plus de deux semaines par an, embrasser chaque soir mes enfants avant qu'ils aillent se coucher et aimer ma femme autant qu'elle le mérite... Oui mais voilà, je suis un entrepreneur! Chaque jour je suis animé par une force qui me pousse à vouloir sans cesse réinventer le monde. C'est en moi. Le Web est avant tout une passion, il n'a jamais été pour moi un travail. Depuis maintenant plus de 15 ans j'en bois avec délectation la moindre goutte. Depuis mon installation à San Francisco il y a un an, j'ai l'impression d'être un enfant dans un magasin de jouets et l’envie d’entreprendre aux US est devenue trop pressante.

Comment résister? Internet entre à nouveau dans une ère extraordinaire, de nouvelles technologies font émerger chaque jour de nouveaux usages, sa dimension "sociale" remet tout en cause, sa taille de marché est devenue gigantesque, des modèles économiques font leur preuve et une nouvelle forme d’entrepreneuriat fait surface. Certains d'entre vous ont bien essayé de me décourager en prétextant que j'avais déjà gagné assez d'argent, que relancer quelque chose à 38 ans après déjà deux start-ups c'était prendre trop de risque... que je ferai mieux de me trouver une place plus tranquille... Merci pour tous ces conseils mais il n'a en fait jamais été question d'argent et encore moins de tranquillité quant à ma "prétendue" déjà fortune comme j'ai l'habitude de le dire je n'ai pas gagné assez pour arrêter de travailler, suffisamment pour choisir ce que j'ai envie de faire et trop pour dire combien!

Alors me voilà à nouveau Start-Up Founder? Quel bonheur! J'ai troqué ma voiture contre un vélo, tous mes biens immobiliers font désormais le bonheur des utilisateurs d'Airbnb, mes congés sont réduits à néant et toutes mes économies se sont transformées en obligations convertibles... Mais rassurez-vous, ma femme a décidé de rester et mes enfants continuent de m'appeler papa.

Comme toujours, tout est parti d’un constat, d’une conviction et d’une rencontre…

L’industrie du print a subi une révolution majeure, la musique a été propulsée dans une autre dimension, il est évident que la télévision sera la prochaine industrie à faire les frais d’une révolution ! Un changement majeur est sur le point d’avoir lieu et ce dernier va avoir lieu dans votre salon. Notre manière de regarder la télévision a changé définitivement. Nous sommes désormais des millions à suivre les programmes télé avec notre ordinateur, notre tablet ou notre téléphone à proximité et à commenter live les images diffusées. Comme le disait mon frère Manuel dans son billet déjà il y a quelques mois « après une longue phase d’ignorance mutuelle, de mépris et d’observation, la télévision et internet vont se marier. C’est inéluctable.” Comme toujours ce mariage sera forcé, la télévision comme l’industrie musicale hier, hésitera de longues années de peur de mettre en péril ses revenus publicitaires. Cette période d’hésitation et d’incompréhension est une formidable opportunité pour anticiper et imposer de nouveaux usages.

Je ne crois pas à une télévision simplement connectée, je crois à une télévision augmentée! Une télévision qui prolonge son existence sur un deuxième écran proposant ainsi au téléspectateur une experience plus sociale et interactive qui décuple son plaisir et son engagement. Le sport est certainement le sujet qui se prête le mieux, il rassemble chaque jour des millions de fans que ce soit au stade ou devant leur poste de télé.

Face à cette evidence, je me suis alors dit qu’il était possible d’augmenter l’expérience des fans quand ils regardent du sport à la télévision. Avec mon ami Sam Hickmann et quelques autres, nous avons alors imaginer une application iPhone et iPad permettant aux fans de de se connecter ensemble quand ils regardent un événement sportif, de chatter en public ou en privé, et de partager les photos de leurs meilleurs moments sportifs. Nous avons ajouté à cette experience unique des game-mechanics rendant le match interactif et récompensant l’engagement du spectateur. L’oppotunité business est réelle, nous sommes à même de capter une audience immense sans diffuser une seule image, produire aucune émission et surtout sans payer aucun droit télé… 

Je suis très heureux de rejoindre prochainement le projet Kwarter en tant que CEO. Le projet est passionnant et l'équipe est incroyable (5 personnes venus des 4 coins de la planète). Nous sommes aujourd’hui en mode BETA et la sortie est prévue pour septembre 2011.

Vous pouvez vous aussi nous rejoindre dans cette aventure:

- nous recrutons des développeurs iOS, des architectes, des illustrateurs, des game designers…

- nous avons besoin de votre soutien sur Facebook ou Twitter ;

-  nous recherchons des BETA testers pour faire progresser notre application, et vous pouvez déjà rejoindre notre programme BETA ;

-  nous organiserons bientôt un Seed Round de $1,000,000 et tous les investisseurs ou business angels de talent sont les bienvenus!

Je suis intimement persuadé que comme pour le téléphone il y a quelques années, la télévision est sur le point de devenir la prochaine plateforme sur laquelle développer des applications. Avec Kwarter, nous avons soif d’explorer ce nouveau territoire, d’inventer de nouveaux usages, d’imaginer de nouveaux modèles économiques et de façonner l'avenir de la télévision.

L’aventure ne fait que commencer...

 

 

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Tintin au pays des iPads...

J'ai eu le privilège d'être invite samedi dernier par l'Atelier BNP Paribas de San Francisco a l'occasion d'une rencontre avec Frederic Mitterrand, Ministre français de la Communication et de la Culture.

J'avoue que j'étais plutôt excité a l'idée de cette entrevue malheureusement j'ai rapidement déchante et mon excitation a du laisse place a l'abattement.

Je voudrais tout de même remercier Monsieur le Ministre pour m'avoir offert le titre de ce billet que j'adore et qui, en effet, résume assez bien sa visite dans la Silicon Valley. Je n'ai aucun mérite concernant ce titre puisque c'est lui-même qui a qualifie son voyage de la sorte - ce qui au demeurant en dit beaucoup sur l'honnetete intellectuel de l'homme et certainement son sens de l'humour.

Nous avons donc eu droit a un long monologue concernant ce que le Ministre appelle la Modification Numérique. Il a ete question de prudence, de raison et de nécessite d'intermediation. Comme si la France, par excès d'intelligence ou prise d'une crise de paranoïa avait décide de se poser des questions plutôt que de jouer le jeu. Le Ministre nous a explique qu'on ne pouvait pas brusquer les français, qu'il convenait de réfléchir, de faire les choses progressivement et que beaucoup de nos compatriotes se sentaient encore a l'ecart de tout cela. Oui mais voila, si les français ne bougent pas personne ne va les attendre. Pendant que l'on se pose les "bonnes" questions (Les libraires doivent ils devenir cafetier? Les maisons de disques doivent elles continuer a produire des jeunes qui chantent en anglais? Google et la BNF doivent ils s'embrasser sur la joue ou la bouche?...) le reste de la planete court a grande vitesse et ne s'embarrasse pas de réponses devenues inutiles. Le plus dramatique dans cette histoire c'est que ces soi-disantes bonnes questions n'en sont pas ou plutôt n'en sont plus.

Tout d'abord qu'on le veuille ou non la Révolution Numérique a eu lieu! Non il n'a pas été question d'une "Modification" mais bel et bien d'une Révolution. Elle a balayé a jamais le modèle de la Presse, l'industrie du disque... et bientôt la télévision. L'enjeu aujourd'hui n'est plus la Numérisation ou la Connexion des individus a Internet, tout cela est déjà fait. Il s'agit maintenant de permettre a chacun de se connecter aux autres pour faire des choses ensemble et ce sans qu'ils aient besoin d'en demander la permission. Cela n'a rien d'une Modification Numérique, il s'agit la d'une Révolution Sociale en ligne qui ouvre de nouvelles perspectives et qui met a mal les modèles existants et dépasses.

Les premières victimes de cette Révolution sont les dictatures du passe. Les derniers soulèvements au Maghreb et au Moyen-Orient nous le montrent mais soyons clairs, Internet en tant que moyen de communication n'yest pour rien. Le Web existait déjà depuis de nombreuses années dans ces pays sans qu'il ait permis ce type de soulèvement. C'est plutôt sa capacité nouvelle a connecter les individus, a leur permettre de s'organiser, a se mobiliser et a médiatiser en temps réel leurs actions au plan mondial qui a permis ces révolutions. En tant que français, nous pouvons bien entendu regretter qu'a la Déclaration des Droits de l'Homme soient préférés Facebook et Twitter pour faire la Révolution oui mais voila, les temps changent...

Quoi qu'il en soit, il est largement temps d'accepter la précédente Révolution Numérique et de regarder maintenant les opportunités qu'offre déjà la nouvelle. Si les individus sont a même de se connecter et de se mobiliser massivement pour faire des choses qu'ils ne pouvaient faire seuls hier, on comprend rapidement que beaucoup de choses risquent effectivement de changer et pas seulement sur un plan politique. Prenons ensemble un exemple, la Banque puisque nous étions invites chez BNP Paribas. Les gens ont du mal a avoir accès au crédit, c'est une injustice que les gouvernements ne savent pas régler. Aujourd'hui des initiatives très sérieuses sur Internet proposent aux individus de se prêter de l'argent entre eux en dehors de tout système bancaire et pourquoi pas demain sur Facebook... C'est le système le plus puissant au monde qui est la remis en cause, ce n'est pas de la science-fiction, cela se passe déjà et ce n'est qu'un début. Réfléchissez un instant et vous prendrez la mesure des Modifications Brutales qui nous attendent.

Je n'aurai bien entendu pas la prétention de donner des conseils a la France et a ses Ministres, je ne sais pas ce qu'il faut faire... Je ne sais meme pas ce qui est bien, mal, prudent, bon ou savant mais je suis sur en tout cas d'une chose, nous devons Participer a l'Aventure car c'est la seule façon de la comprendre. Le monde s'ouvre a nouveau, les cartes sont redistribuées et tout le monde peut jouer.

J'ai entendu a plusieurs reprises ce matin "La France a énormément a apporter..." Oui c'est vrai, notre pays est certainement celui qui a le plus de richesses culturelles mais nous ne savons pas les partager, en tout cas pas suffisamment. Le monde nous les envie, nous les réclame et nous avons l'opportunité aujourd'hui de faire un don formidable. En sommes-nous a la hauteur?

Je n'ai pas de conseil a donner, juste un voeu, celui d'une France généreuse, une France qui donne ce qu'elle a sans compter, qui participe sans retenue et qui ne s'offusque pas comme une vierge effarouchée a chaque fois que le vent soulève sa jupe.

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Interview de Cyril Moutran (Friendly) à l'occasion de la sortie de l'iPad2!

Cyril est le fondateur de l'application Friendly, première (et meilleure) application Facebook sur iPad. En quelques mois cette application est devenue un HIT, elle a réuni plus de 5.000.000 d'utilisateurs en seulement 9 mois! Je vous invite d'ailleurs à l'essayer de toute urgence. Cyril a eu la gentillesse de revenir sur le succès de Friendly et de partager avec moi (et vous) ses premières réactions sur la toute nouvelle version de l'iPad présentée ce matin.

Enjoy!

 

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Les vrais Entrepreneurs ne font pas de Business Plan...

Read this post in English here.

J'aime cuisiner... Cette introduction culinaire peut vous paraître étrange pour débuter un billet sur l'entrepreneuriat mais je crois comme Saras Sarasvathy professeur à la Darden School of Business de l'Université de Virginie que la façon que l'on a de cuisiner en dit beaucoup sur l'entrepreneur (ou non) que l'on est. Ce qui me passionne avant tout dans l'idée de cuisiner c'est celle de créer un plat original à partir de multiples ingrédients. J'ai toujours été impressionné par mes tantes en Espagne capables à partir de quelques tomates de créer un repas délicieux pour toute la famille. Quand l'envie de cuisiner me prend cela passe d'abord par un tour au marché, si possible tôt. Sans recette en tête, j'achète selon mes envies, mon inspiration et aussi le talent des commerçants que je croise ;-) De retour dans ma cuisine, je pose tout cela devant moi et j'essaie d'en faire quelque chose, si possible bon. Ce n'est qu'au moment de servir que je donne un nom à mon plat.

Je me suis rendu compte que je faisais la même chose quand je créais une entreprise... Que ce soit groupe Reflect ou blueKiwi, je n'ai jamais écrit de business plan et encore moins fait d'étude de marché avant de créer mes start-ups. Comme en cuisine, il s'est agit d'abord d'une envie, une envie irrésistible de faire quelque chose de bon. Cela passe d'abord par une phase d'observation, je discute avec les gens, je ne prends aucune note, jamais. Je pars du principe que ce qui est intéressant ne s'oublie pas. Puis des idées émergent (ou pas) jusqu'à ce qu'UNE se transforme en obsession. Lorsque c'est le cas, c'est comme un cadeau divin que je me sens obligé de réaliser. A ce stade, je sais que l'opportunité est réelle et je n'ai qu'une envie, la rendre rélle et la transformer en business.

J'ai bien conscience que ce n'est pas une démarche très académique, qu'il conviendrait sans doute de réunir plus d'information sur la cible, le marché... Mais je ne crois pas aux études de marché et encore moins en ceux qui les font. Quand on crée une start-up ou quand on lance un nouveau produit sur le marché, ce dont on a besoin avant tout ce n'est pas d'une étude de marché ou d'un business plan mais d'UN CLIENT ! Les clients sont les seuls à même de vous dire ce qui marche ou pas, quels sont les vrais problèmes, quel est le meilleur prix... Quelques fois même avant de développer quoi que ce soit. Quand nous avons lancé blueKiwi, nous avions d'abord la certitude que les pratiques du 2.0 allait pénétrer l'entreprise et que notre façon de travailler allait en être bouleversée. C'est avec cette conviction et un tout petit bout de produit que nous sommes allés voir des premiers prospects. 99% nous ont pris pour des fous mais quelques uns (Dassault Systèmes, La Poste, BNP Paribas...) nous ont fait confiance. Ce sont eux et personne d'autre qui nous ont tout appris au début.

Les managers traditionnels passent pendant ce temps là des mois à faire des études et à simuler leur marché dans des tableurs sophistiqués. Une fois qu'ils sont certains d'eux, ils lancent leur solution sur le marché à grand renfort de dépenses marketing, persuadés qu'ils sont que le marché réagira exactement comme ils l'ont prédit. Je n'ai pas pour ma part la prétention de prédire le futur, je pense plutôt comme Voltaire que le Mieux est l'ennemi du Bien. Tout est question de motivation et d'action. George S. Patton lui même disait "A good plan, violently executed now, is better than a perfect plan next week." Je suis d'accord avec Patton moi! Et puis quand on crée une start-up, il y a plein de bonnes choses qui vous arrivent, le hasard d'une rencontre peut changer radicalement votre plan initial. Comment aurai-je pu modéliser dans mon BP ma rencontre avec Jacques Froissant, Bertrand Duperrin, Hervé Kabla et tant d'autres? Je pense pour ma part que suivre une route droite déterminée par avance, c'est passer à côté d'opportunités incroyables qui vous attendent généralement dans un recoin.

Le véritable entrepreneur n'est pas un super-héros capable de prédire l'avenir, il fait bien plus que cela, il le contrôle. Comment ? En anticipant les opportunités et en adaptant sans cesse son projet aux situations qui se présentent à lui.

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True Entrepreneurs Do Not Make Business Plan...

Retrouvez ce billet en français ici.

I love to cook ... This culinary introduction may seem strange to start a post about entrepreneurship but I really think the way you cook says a lot about the entrepreneur you are (or not). Personally, what I prefer in cooking is to create an original dish with few ingredients and impress my guests with it. My aunts in Spain are able to cook delicious meals for the whole family with just few tomatoes. When the mood takes me to cook, I usually go to a farmer-market early in the morning. I never have a recipe in mind, I just buy ingredients depending on my desires or my immediate inspiration. Back home, I put all this stuff in front of me and try to cook something, good if possible... I only give a name to my dish once completed.

I just realized I do exactly the same when I create new companies... Whether it's groupe Reflect or blueKiwi, I've never written a business plan before incorporating my start-ups. Even less done a market research. VCs are the only persons who asked me for a Business Plan. I have always done it as a duty as I strongly consider that creating a start-up is not about applying a recipe. It's first a desire, the urge to do something good. It always starts accidentaly, talking with diferent people (and not interviewing them). Ideas emerge (or not) and suddenly one turn into an obsession. When it happens, it's like a gift of God! At this point, the only certainty is that the opportunity exists. All you want to do is to get out, talk about it and turn it into reality.

I guess this is not a very academic approach, more conventional managers would prefer to gather information about the target, the market... before launching anything. But I have to confess something, I do not believe in Market Research and even less in those who do them.

When you create a start-up or even when you launch a new product, what you really need is not a market study or a business plan but a customer! Customers are the only ones able to tell you what really works or not, what are the real issues, what is the best price to use... You don't need hundred of clients, just a good one. One who will tell you not what you could do but what you should do! When we launched blueKiwi in 2006, we were sure that the 2.0 would penetrate enterprise boundaries and that the way of working will changed dramatically. We went out of the building to sell blueKiwi with just a conviction and a tiny piece of product. 99% of people thought we were crazy but after talking with hundred of organizations, few of them trusted us (Dassault Systems, La Poste, BNP Paribas ...).

I think traditional managers spend too much time and money in market studies and sophisticated spreadsheets. They usually get out only when they are 100% sure and use to spend too much money in up-front marketing expenses. In fact they try to avoid risks and think that the future is predictable. Personnally, I do not claim to predict the future. As Voltaire I think that "The Perfect is the Enemy of the Good." George S. Patton said "A good plan, violently executed now, is better than a perfect plan next week." Personally, I prefer to fight next Patton. Launching a startup is more about energy than intelligence! When you create a start-up you never know what will happen, there are tons of amazing things that can happen to you... Serendipity can radically change your original plan. How can you modelize those moments in a Business Plan? Believe me, following a straight path or a perfect plan determined in advance, is the best way to miss incredible opportunities which usually stand in a corner.

A true entrepreneur is not a superhero able to predict the future. An entrepreneur does much more! He controls the future anticipating opportunities and adapting his project to all situations which pop up.

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